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TRINOME ACADEMIQUE

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Session Trinôme du 20 juin 2007 à Orléans

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Écrit par Patrick Perrier Jeudi, 17 Septembre 2009 15:13

COMPTE RENDU DE LA JOURNEE DU TRINOME DU 20 JUIN 2007 AU 43°Bataillon de Transmissions. ORLEANS

E. Bardet, professeur Histoire – Géographie.

Le trinôme est accueilli

par le Colonel Lambert, chef de corps du 43° Bataillon de

Transmission. Puis c’est M. Leborgne, IPR d’Histoire - Géographie qui présente le trinôme et

insiste sur l’importance de l’enseignement de la défense. Enfin M.Caron, président régional

de l’IHEDN présente l’Institut et ses différentes structures. M.Caron rappelle que l’IHEDN

est un organisme officiel placé sous l’autorité du Premier Ministre. Parmi les thèmes de

réflexion proposés cette année, l’IHEDN du Centre a traité de «

 

l’énergie au XXI° siècle ».

Le colonel Lambert présente le 43° Bataillon de Transmission.

Le 43° BT fait partie de la garnison d’Orléans qui est la 3° plus importante de France

après celles de Paris et de Metz. Cette garnison compte 6200 militaires répartis sur 23

communes dans 15 quartiers militaires.

C’est en 1942, qu’on a séparé au sein des forces armées le Génie des Transmissions.

En 1991 fut créé le CNSST (Centre National de Soutien et de Services des Transmissions) qui

fut installé à Orléans en 1994 avec la 785° compagnie de guerre électronique. En 2002

apparut le 43° Bataillon de transmission qui succède ainsi au CNSST. Il faut noter que la

bataillon a obtenu la certification ISO 9001/2000, gage de sérieux pour des relations avec les

industriels civils.

Le 43°BT est composé de 522 hommes et femmes dont 40% de civils et

60 % de militaires

Les missions du 43° BT sont:

- Achat de matériel de télécommunication pour le compte du Ministère de la Défense

Nationale. Le Chef de Corps est le pouvoir adjudicateur.

- Approvisionnement des unités liées à la Défense

- Interventions diverses (réparations, installations…)

- Production de technologies et de documents secrets (codes…)

Pour donner une idée des missions du bataillon, le colonel signale qu’en 2006, le bataillon a

rempli 26 missions d’une durée allant de une semaine à quatre mois sur 8 théâtres

d’opérations. Les réparations ont représentées 47% du total suivies des missions d’entretien

pour 34% et les missions d’expertises pour 9%.

Le 43 assure à ses effectifs une formation militaire consistant entre autres, à 1 tir par

mois, 2 camps par an de 8 à 10 jours, 1 marche et 5 heures de sport par semaine. 7,4Millions

d’euros d’investissement et 1,1 Millions d’euros de fonctionnement annuel.

Présentation du renseignement d’origine électronique dans l’armée de terre par le

Commandant Brun de Saint Hippolyte de l’Etat Major de l’Armée de terre.

Le Commandant a pouvoir direct sur la 785° CGE rendant compte aussi à la DRM.

Le renseignement d’intérêt militaire est varié il consiste en images, informations

humaines et informations électromagnétiques. Les missions se décomposent en

Renseignement – Brouillage – Protection des moyens de télécommunications des forces

armées.

Il faut prendre en compte le nouveau contexte technologique de ce domaine. La

technologie est de plus en plus numérique, les moyens de télécommunications sont de plus en

plus chiffrés et donc l’information plus difficile à appréhender et enfin la technologie est de

plus en plus civile.

Quant à la menace, elle évolue. Du temps de la Guerre froide, l’ennemi était identifié

(le Pacte de Varsovie) les forces armées avaient donc de centres fixes chargés de surveiller

l’ennemi. Aujourd’hui avec la fin de la Guerre froide, l’adversaire est plus divers et par voie

de conséquence les zones de conflits variées. De ce fait, les moyens techniques sont de plus

en plus mobiles et plus diffus.

La Guerre électronique : L’ Encyclopédie du renseignement et des services secrets de

Jacques Baud parue aux Editions Lavauzelle en donne la définition suivante : «

C’est

l’ensemble des actions militaires destinées à intercepter, identifier, perturber, éliminer ou

exploiter l’émission de radiations électromagnétiques »

Concrètement, elle consiste à

pénétrer et exploiter les émissions de l’ennemi mais aussi à empêcher ce dernier d’utiliser

ses propres émissions.

Elle se décompose en deux ensembles

- Le ROEM (Renseignement d’Origine Electromagnétique) visant à établir par exemple

l’ordre de bataille de l’ennemi.

- La Guerre électronique qui est la partie offensive et qui souvent doit agir dans l’urgence.

De ce fait, les missions se décomposent en

- surveillance électronique : MSE

- établissement de contre mesures électroniques : CME

- mesures de protection électronique : MPE

C’est en 1914 qu’apparaît la guerre électronique. En effet, il y avait placé en haut de la

Tour Eiffel une station d’écoute des ondes allemandes. Cette station a permis d’anticiper le

mouvement allemand lors de la bataille de la Marne et donc d’agir en conséquence.

Mais c’est en 1949 qu’est créée la Compagnie Autonome d’Ecoute et de Radiogoniométrie

(CAER). Cette compagnie sera engagée entre autres en Indochine. En 1958 est créé la

785°CGE. En 1971 le 44° RT et en 1986 le 54°RT .

Le 44°RT composé de 1000 h. est basé à Mutzig (Alsace) il s’agit d’une unité qui

intervient au niveau stratégique. Il est composé d’un centre fixe et d’un centre mobile qui peut

remplacer au cas où le centre fixe.

Le 54° RT de 926 h. est basé à Haguenau(Alsace) il agit lui au niveau tactique. Il est

composé de 4 compagnies de guerre électronique.

La 785° Cie de Guerre électronique d’Orléans est un peu la recherche développement

de la Guerre électronique. Elle expérimente les nouveaux matériels à la pointe de la

technologie. Elle dépend de l’Etat major de l’Armée de terre.

Signalons enfin le CPOGE (Centre de Préparation Opérationnelle de Guerre

Electronique) créé en 2000 et basé à Oberhoffen (Alsace). 2100 h. dont une forte majorité de

sous-officiers techniciens. Les dispositifs de guerre s’appuient sur un matériel adapté aux

niveaux d’intervention : Linx, Emeraude, Vobule, Osiris. On s’oriente vers des unités

multicapteurs polyvalents en 2009, sans parler de la 3° dimension via les drônes.

 

Le renseignement d’origine électromagnétique dans l’Armée de l’Air par le

Commandant Fillon de l’Escadron Electronique au Sol basé à Bricy

.

La spécificité de la guerre électronique dans l’Armée de l’Air vient d’abord de la

dimension espace et vitesse. Le pilote d’un avion chasseur traverse les théâtres d’opérations

en quelques secondes et doit donc être en mesure d’agir avec rapidité.

Dans le domaine du ROEM (intercepter – identifier la forme du signal et le contenu du

signal) l’Armée de l’Air utilise des capteurs au sol (antennes fixes et moyens mobiles) ainsi

que des capteurs aéroportés (Mirage F1 CR de Reims et Transall « Gabriel » .)

Pour la mission brouillage on utilise quatre Awaks de la base d’Avord (Cher). Cette

mission se décompose en Interception – Ecoute – Localisation – Brouillage – Voire Intrusion.

Les pilotes sont régulièrement entraînés à voler en ambiance dégradé pour améliorer leur

analyse et donc leur capacité d’adaptation et de réponse.

 

La 785° CGE est présentée par la Capitaine DUXIN.

Crée en 1958 elle est chargée de l’expérimentation dans la Guerre électronique. Ainsi

elle évalue tous les matériels de pointe.

Donc ses mission se décomposent en

- Expertise

- Construction de systèmes de Guerre électronique

- Aide aux Etats-Majors.

La compagnie est formée de 6 officiers, 92 sous-officiers, 10 soldats et 2 civils.

L’usage des IED (Improvised Explosive Device) est un fléau contre lequel les forces armées

régulières doivent lutter avec assiduité. Fabriqués aisément à peu de frais et commandés à

distance, ils sont redoutables pour des unités formées au combat conventionnel. Le parasitage

protecteur est désormais obligatoire sur des théâtres comme celui de l’Irak et de

l’Afghanistan. Ces engins font aussi de nombreuses victimes parmi les populations civiles.

Le capitaine nous fait d’abord une démonstration de la télécommande des explosifs comme

ceux qu’utilisent les terroristes. La « bombe » explose alors dans la salle. Heureusement il ne

s’agit que d’un leurre et la bombe n’émet que du bruit. Puis il nous montre un extrait d’une

séquence filmée en Irak où on voit un véhicule américain détruit par un explosif. Un autre

engin brouilleur échappe à l’attentat mais le troisième est détruit car il suit le brouilleur de

trop loin.

L’après-midi

est consacrée à la démonstration de matériel divers de la guerre électronique

de la 785° CGE ainsi que de l’EES de Bricy. Nous assistons également au déploiement d’un

radar satellitaire opérationnel en 15 mns au lieu d’une journée voici encore 10 ans.

La journée est conclue par un pot d’amitié et une remise par le colonel Lambert de souvenirs

à M.Caron de l’IHEDN et à M. l’inspecteur Leborgne représentant du Rectorat.

Nous retiendrons l’accueil chaleureux du Colonel Lambert et de son adjoint, le Lieutenant

Colonel Marin

 

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